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Merci.

Février 2018. Je revoie D. pour notre deuxième séance. Je vais bien. Je lui fait part de mon changement d’alimentation et de mode de vie. Il me demande si j’ai changé d’objectif. Ai-je retrouvé ma vraie nature? Oui, je suis gaie, sereine, joyeuse et épanouie avec ma famille et mes amis. Je reviens de loin. Peut être est-il temps d’affirmer cette nature retrouvée? Je ne sais pas trop comment m’y prendre…

Lors de la séance de rééquilibrage des méridiens, il détecte le sentiment d’abandon que je ressens au plus profond de moi. Car oui, je me sens seule. Il me dit: « vous avez l’impression que tout le monde s’en fout de tout ce que vous donnez pour les autres? ». L’expression employée me fait beaucoup rire. Voyant ma réaction, il rit aussi. C’est ça. Cet homme est clairvoyant. Je ris en pleurant en fait. Rendez-vous est pris pour dans trois semaines avec des exercices à faire à la maison.

Mars 2018. J’aurais confirmation quelques jours plus tard de la véracité de ses propos lorsqu’une des personnes qui m’est la plus chère au monde, me reprochera, outre des choses totalement fausses, que « ma famille ne compte pas pour moi ». Je suis anéantie. Terrassée de douleur. Tant d’années à aimer mon mari et mes enfants, à tirer un trait sur ma carrière après de longues et brillantes études. A passer des mois et des mois de nuits blanches, à les veiller la nuit, à me battre pour les soigner. A vouloir toujours ce qu’il y a de mieux pour eux, à les gâter, à les cajoler, à donner le meilleur de moi-même jusqu’à m’oublier, puis me perdre.

J’encaisse. Je pleure. Je retombe au fond de mon trou. Je ne comprends pas comment il est possible d’avoir une vision aussi déformée de la réalité, une vision aussi fausse de moi et de mes actes.

Quelques jours après, je regarde ce magnifique arbre que nous avons dans notre jardin, avec ses branches nues, mais tellement imposant. Je pense à des choses que je n’ose pas exprimer tellement je suis rongée par la douleur et un profond sentiment d’injustice.

Voilà, je suis nue moi aussi comme les branches de cet arbre. Je ramasse les feuilles mortes avec mon râteau alors que mes larmes se mêlent à la pluie. Suis-je aussi morte que ces feuilles peuvent l’être?

Les jours qui suivent sont pénibles mais surprenants. Chaque jour, un événement vient contredire les remarques si fausses que l’ont m’a dites, comme une succession de pieds de nez.

Et puis je comprends enfin. Cette épouvantable claque que j’ai reçue n’est pas le fruit du hasard. Autant les choses que l’on m’a dites sont fausses, autant je me dit qu’il est possible que moi, j’ai peut être renvoyé une image de moi-même aussi éloignée de la réalité. Aurais-je par la perte de ma propre personne, montré une image aussi déformée de ma nature profonde? Aurais-je attiré à moi la tristesse que je ressens? C’est à ce moment là que je remercie le ciel de la claque reçue il y a quelques jours.

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